Data et Politique : quels sont les desseins de la Silicon Valley ?

Retour sur un livre récemment publié sur le sujet : « La nouvelle servitude volontaire – enquête sur le projet politique de la Silicon Valley- » de Philippe Vion-Dury, publié en septembre 2016 aux éditions Fyp.

On savait certains GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple…) mais aussi d’autres sociétés de la Silicon Valley traversés par un horizon philosophique assez simple, quoique très prométhéen : celui du transhumanisme. Le transhumanisme c’est cette idée d’un homme augmenté où la mort elle-même serait peut-être vaincue.
On connaît aussi un peu mieux désormais le pendant protéiforme de ces sociétés et leurs tendances à investir tous les secteurs ; Philippe Vion-Dury, quant à lui, va analyser leur objectif politique et rechercher la manière dont elles vont s’organiser pour modifier toujours un peu plus profondément notre perception (cf. à ce propos la notion de « bulle filtrante ») mais aussi la manière dont nous consommons et nous interagissons en société…

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Pourquoi il faut massivement investir dans les livres

Que l’on ne s’y trompe pas,  il ne s’agit pas  d’un réflexe rétrograde ou passéiste, d’ailleurs qui n’a pas été surpris quand Warren Buffet a acquis dès 2011 (1) plusieurs journaux locaux !

Sans doute était-il guidé par son instinct d’investisseur hors-pair, mais pas seulement, car le déconnecté, au-delà d’être un buzzword permettant à certains de se mettre en avant sur les plateaux de télévision, est nécessaire face à l’hyper sollicitation que nous subissons et créons avec l’ensemble des technologies que nous utilisons en permanence.

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Notre perception serait-elle devenue prisonnière de nos usages ?

Jusqu’à présent notre perception, notre mouvement dans le monde, pouvaient être considérés comme le fruit de notre volonté, de notre éducation, de nos peurs ou encore pour certains de notre langage.

Il nous faut désormais compter avec l’usage que nous faisons des technologies. Par usage nous entendons toute pratique s’inscrivant dans les lois de notre société et visant à atteindre un objectif, pratique facilitée aujourd’hui par Internet (a).

Ces usages sont de toutes sortes et font parti de notre quotidien : commander un billet de train, faire des courses, consulter son compte en banque, envoyer un message… Continuer la lecture de « Notre perception serait-elle devenue prisonnière de nos usages ? »

Free – Jonathan Franzen –

Des rentrées littéraires l’on ne garde bien souvent qu’une indigeste impression de trop plein, comme si la surconsommation actuelle avait atteint les livres ainsi que n’importe quel produit sur juchés sur leurs étals. Un trop plein que, si l’on essaie d’en suivre la dynamique intérieure, s’étale hâtivement de septembre à grands coups d’annonces mi-cocasses mi-sérieuses des « grandes » maisons d’édition aux enrubanages de noël.

Si, d’autres l’ont très bien écrit, la littérature respire mal ou ne respire plus, on ne peut que s’étonner de ce trimestre autômnale qui fouette et corsete cette « vie littéraire », dont on aime se rappeler en France la quintessence auteuriste, mais qui n’est plus qu’un frisson froid, suranné et rance de vieux sachet de thé.

Si la littérature et l’actualité n’ont jamais fait bon ménage, on peut tout de même toujours trouver parmi ces feuilles produites à grandes livrées, le souffle et le vent qui les ont portés jusqu’à notre regard.

Edité en 2010, paru en France en 2012, Freedom de Jonathan Franzen est beaucoup plus que la synthèse inconvenante de ce que l’on nomme un pavé. Et si l’on est quelque peu perdu par la pléthore de détails des premières pages, si l’on ploie sous le nombre incroyable d’informations qui semble s’y déverser, c’est que l’auteur n’emprunte pas un ton rêche et concis, il balaie plutôt le monde, les sentiments, les jugements, dans un incroyable tourbillon, avec un incroyable brio.

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La véritable histoire d’amour de « De rouille et d’os »

On dit parfois d’un écrivain qu’il n’écrit jamais qu’une seule et même histoire tout au long de ses différentes oeuvres, en est-il de même pour un Réalisateur?

Si l’on se réfère à la filmographie de Jacques Audiard ces dix dernières années force est de constater des éléments communs ou pour le moins une mythologie commune interrogeant tout autant la vocation, la filiation, la découverte de soi dans l’affrontement, la solitude et le sang, la confiance retrouvée grâce à l’amour.

Ainsi en prenant le détour de l’oeuvre du réalisateur au complet on cerne mieux les ressorts de son dernier film « De rouille et d’os » et là où l’on pourrait ne voir qu’une histoire d’amour entre une infirme et une brute au grand coeur on découvre plusieurs niveaux narratifs et un en particulier.

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Qu’entend-on dans Cosmopolis?

Dernier film de David Cronenberg, Cosmopolis suit la lente dérive d’un jeune milliardaire, Eric Packer, au travers des rues d’un New York en ébullition. Assis sur son trône, celui-ci a décidé de traverser la ville à bord de sa limousine transformée en paquebot amiral pour se rendre chez son coiffeur traditionnel et ce malgré les menaces d’attentats qui pèsent sur lui.

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Il n’y a pas de relations – Shame – d’Alexander McQueen

De l’excellent cru cinématographique 2011 un film aux allures de roman post-moderne, que n’aurait sans doute pas renié un Houellebecq – du moins sur le thème plus que sur le traitement-, a surgi ainsi qu’un souffle hoqueteux de désir vicié, un claquement capiteux et nauséabond d’élixir perdu.

Shame d’Alexandre McQueen aborde le thème de l’addiction sexuelle au travers d’un personnage masculin interprété par Michael Fassbender.

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